Entrevue avec Richard Séguin

par Wynne Wong

 le 5 avril 1997

 

 

WYNNE: Richard, vous allez chanter devant un public américain en octobre prochain.  Comment vous présenteriez-vous Richard Séguin à un public qui ne vous connaît pas?

 

RICHARD: C’est intéressant parce qu’on se découvre.  Je veux dire, eux, découvrent un peu la différence, ma différence.  L’hégémonie   de  l’Amérique  est  très forte partout  dans tous  les continents.  Je trouve que c’est très important pour le patrimoine global d’avoir chacun sa spécificité, pour ne pas  avoir toujours ce  même beat, ce même genre de films, cette même pensée homogène. Le Québec est vraiment dans une  situation stratégique délicate.  On est entouré de trois cents millions d’anglophones et on est huit millions à  essayer de vivre dans une culture française.  Il y a pour nous autres, un grand besoin de se dire, un besoin de survie, et puis un besoin de vivre cette culture-là. C’est drôle parce que si tu regardes ce qui s’est passé avec l’état européen où on a essayé de faire une Europe globalisée,  la réaction que tu as eu c’était de dire chacun tenait  à cette identité nationale. Chacun tenait à sa  spécificité.  Et ça c’est un phénomène de survie normale. La pire chose qu’on peut faire dans une ville c’est de justement d’essayer  d’enlever les quartiers qui sont spécifiques, les quartiers italiens, les quartiers chinatown. Quand tu brises ça, tu brises la vie, la famille,  la culture même. Le melting pot est utopique. Je ne crois pas à ça.  Je crois qu’il  peut s’établir, mais je veux dire si  chacun ne perd pas cette identité-là. Donc, tu as quelque chose à partager.   L’importance pour nous les Québécois ici c’est qu’on a une façon  différente de penser l’Amérique parce que l’Amérique a  été toujours reflétée par bien des façons. Elle a été reflétée par la France, par l’Angleterre, par la Conquête, par les États-Unis. On a une façon différente aussi de parler du territoire.  Ça c’est  ce que je cherche, moi, dans ma musique.  Comment parler, comment occuper de  l’espace  parce que je me reconnais avec beaucoup d’influences américaines.  J’ai grandi avec des influences américaines,  de Bob Dylan  aujourd’hui en passant par  toutes les influences qu’on pourrait  avoir. J’ai essayé de trouver dans nos racines, ce qui nous fait. Comment est-ce que le champ peut  habiter  cette espace-là où  je vis?  Dans mes préoccupations, au départ, c’est ça.  Comment la voix, et puis comment ma musique, et comment socialement dans mes mots, je peux traduire ce qui m’entoure.  J’ai toujours défendu  l’importance de se dire, l’importance de chanter dans ma langue, l’importance de  parler de la réalité qui m’entoure.  C’est tout simple que ça.

 

WYNNE: Les Séguin, c’est un groupe que vous avez formé avec votre soeur pendant les années soixante-dix.  Avec le recul de plus de vingt ans, qu’est-ce que sont Les Séguin  pour vous?

 

RICHARD: D’après moi, c’est une entité qui ne peut pas mourir parce que c’est un esprit.  C’est une façon d’être.  C’est ma soeur jumelle.  C’est la rencontre des deux.  C’est drôle parce que tous les éléments qu’on a soulevé à cette époque-là se retrouvent  aujourd’hui au coeur de l’actualité sociopolitique.  On revendiquait plus d’écologie.  On est en plein dedans. On revendiquait une éducation qui est au centre des activités, une éducation pour l’accessibilité  à  l’éducation.  On a une meilleure répartition de richesse des riches et des pauvres, une meilleure condition de vie au niveau planétaire, une meilleure condition de vie au niveau de la gestion des eaux et  des forêts.  Aujourd’hui, on se retrouve avec la même questionnement.  C’est il y a vingt ans.  Ce que j’en retiens,  c’est que j’ai les  mêmes préoccupations.  C’est comme un arbre.  J’aime beaucoup l’image du pommier.  Le pommier va toujours donner des pommes [rires]. C’étaient  tes racines, c’est toi.  Dans ce sens-là, il y a  une continuité dans ce que j’ai fait avec ma soeur, dans ce que j’ai fait tout seul.  Ces préoccupations restent sensiblement les mêmes.

 

WYNNE: La chanson québécoise a joué un rôle actif sur le plan politique du Québec.  On peut même dire que  la chanson était d’une part responsable pour l’avancement du Québec à  la modernité.  Vous sentiez-vous à cette époque comme des chanteurs engagés?

 

RICHARD: Mais, je pense que c’était  toujours dans le maillon, puis dans la continuité d’un paquet de  monde.  Nous autres,  on se trouvait là avec beaucoup d’innocence,  avec l’énergie de la jeunesse de nos vingt ans. On l’a fait à notre manière. Chacun y va à sa manière, mais c’était très très clair qu’on avait besoin de poser des questions.  La chanson était au centre de ça.  Je trouve que dans la chanson, il y a toujours l’indignation qui est au coeur.  L’indignation doit rester au coeur de nos préoccupations et  pas juste dans  la  chanson.  On doit vivre indigné.  On doit vivre parce que ça nous garde alertes.  Ça j’accepte pas ça. Ça c’est inconcevable.  Faire de nous des consommateurs au lieu de nous voir comme des citoyens.  On est avant tout des citoyens, on n’est pas comme des consommateurs.  Il faut faire en sorte qu’on ne nous regarde pas comme un tableau de statistiques, mais comme des êtres humains qui se promènent.  Aujourd’hui à la fin du siècle, il faut rappeler ça.  Il faut rappeler ça au politiciens et aux décideurs.  C’est drôle parce que tu ne peux pas mesurer l’influence que tu as sur le moment avec une chanson.  Par contre, ce que je m’en rends compte c’est que quand tu écoutes des chansons du passé, la force de la mélancolie, puis la force de la nostalgie d’une chanson, c’est très très puissant. Quand  le monde écoute les vieilles chansons, c’est là que je m’en aperçois de cette force-là.

 

WYNNE: Est-ce que la crise référendaire vous a affecté comme elle semble avoir affecté plusieurs chanteurs?

 

RICHARD: Oui, parce que le Québec se trouve dans une drôle de situation.  Le taux de natalité est un des plus bas en Amérique au Québec.  Ensuite, il y a une stérilisation globale au Québec.  C’est bien bien étrange.  C’est comme si tu as accumulé un paquet de négation d’être.  C’est ça que  je trouve dangereux.  On avait la chance de créer un pays.  On avait la chance de créer un projet qui était plein  d’enthousiasme mais au lieu de ça on a créé beaucoup de peur en disant: vous allez vous faire vous refermer sur vous  autres, vous allez devenir plus petit.  Il y avait un beau projet auquel  je  crois toujours, qui s’appelle faire un pays. C’est merveilleux dans ce temps-là, tu sais?  C’est comme dire oui  au rêve. C’est dire oui à  ce qui peut se passer.  C’est de  s’interroger tout le monde ensemble.  Mais on a fait du chemin, on a gagné du terrain.  Il y avait ce rapport là quarante-neuf cinquante et un.  On va régler cette crise d’identité- là une fois qu’on va être un pays.  Il va avoir quelque chose à régler.  C’est très très dur de vivre les négations à  soi-même.   C’est comme si tu ne t’es donné  pas la chance d’être.  C’est comme l’adolescent qui ne veut pas partir de chez ses parents.

 

WYNNE: Est-ce que c’est vrai que pendant un bon bout de temps ici, il y avait un rejet d’américanité par certains Québécois, parce qu’il y avait une tendance d’associer l’Amérique aux États-Unis?

 

RICHARD: Mais ça je pense que c’est  le grand problème des Canadiens.  Les Canadiens ne savent pas s’il sont Canadiens ou Américains.  Ils savent pas c’est quoi la distinction.  On a moins de ce problème d’identité-là parce que nos racines appartiennent à une autre langue. C’est bien important de préciser que la langue, ce n’est pas seulement une façon de communiquer, mais c’est une façon de penser.  C’est une façon de concevoir le monde.  C’est une façon de regarder autrement.  Quand tu parles d’une langue, tu ne fais pas  juste  la traduction.  Tu  entres dans une autre façon de penser, une autre schème  de penser.  Moi, ce que je trouve fascinant, c’est cette différence-là, ce patrimoine de beauté qui est différent.  Et à la question - Est-ce que tu penses qu’on va disparaître?  Quand je regarde qu’est-ce qui se passe en Louisiane, puis quand on me dit  que  c’est du folklore, je me dis, ce n’est pas important.  Peut-être qu’en l’ an deux mille trois cent au Québec, il n’y en aura pas beaucoup qui vont  parler français.  Mais ce que je  trouve  important, c’est que dans le moment présent, on inscrive notre race, notre façon de penser, qu’on l’écrive, qu’on le dise.  Si tu vas lire les premiers textes sumériens,  ils y ont  traduit là ce qu’ils pensaient.   Et ça, c’est un trésor que tu donnes à l’humanité.  Il n’ y a jamais un peuple qui parlait de la neige comme nous autres  l’a  fait en français.  On est les seuls à parler de cette espace-là comme on l’a fait avec les poètes comme Vigneault,  Léveillé, et  Félix Leclerc.  Il n’y a jamais personne qui a parlé du printemps comme on l’a fait en français parce qu’on attend tellement le printemps.  Ça fait partie de nous, ça fait partie de la façon de dire les choses.

 

WYNNE: Vous chantez l’Amérique comme peu le font ici.  Qu’est-ce qui vous fascine dans cette Amérique que vous chantez?

 

RICHARD: Quand je voyage, je voyage beaucoup dans l’axe nord sud.   Je suis fasciné  au départ par  l’espace.  Je trouve qu’on peut marcher encore sur des terres qui n’ ont pas été marchées.  Ensuite, ce qui me fascine beaucoup dans l’Amérique, c’est la vision  première de  l’Amérique,  celle des autochtones.  Je suis très attiré par la spiritualité amérindienne pour me dégager de toutes les réligions.  Ça me fascine beaucoup au niveau de la conception du monde.  Je trouve qu’on a beaucoup à apprendre d’eux autres.  Ça m’étonne de voir qu’on est si peu à l’écoute des nations autochtones.  C’est une affaire de sept mille ans, tu sais?  Je decouvre ça encore aujourd’hui.  Ce qui me fascine de l’Amérique, c’est aussi peut-être ses côtés frivoles.  C’est un côté adolescent, et puis en même temps, ça me fatigue [rires].

 

WYNNE: L’influence amérindienne se retrouve aussi dans les dessins de votre dernier album, D’instinct.  Est-ce que c’est vous qui avez fait les dessins?

 

RICHARD: Oui, je fais de la gravure sur bois.  Ça faisait des années.   J’ai toujours fait du dessin et puis  je  cherchais une technique qui est plus artisane si tu veux. J’aime aussi toute la cuisine de ça.  C’est lent, c’est long.  Il faut que tu choisisses  ton papier,  il faut que tu  fasses  ton ancrage, il faut aller à la presse.  C’est beaucoup de moments silencieux.  Même si on écoute beaucoup de Motown,  qu’on fait ça [rires]. Ce sont des moments que j’aime beaucoup.  Oui,  je m’exprime aussi avec la gravure sur bois.

 

WYNNE: Vous avez chanté Les temps changent de Bob Dylan. Il me semble que traduite en français, cette chanson américaine a pris un sens spécifique aux Québécois.  Je cite quelques lignes: Si vous n’avancez pas, vous serez dépassé/Car les fenêtres craquent et les murs vont tomber/C’est la grande bataille qui va se livrer/Car le monde et les temps changent.  Il me semble qu’en français, cette chanson peut être d’une manière une chanson thème de la Révolution Tranquille.  

 

RICHARD: C’est bon ça.  Tu as raison.  La façon que ça a été écrit, ça laisse assez de place à l’interprétation.  C’est merveilleux.  Ça prend  un sens bien bien vivant dans notre contexte.

 

WYNNE: La solitude  est un thème important dans votre oeuvre.  Pourquoi?

 

 RICHARD: Peut-être parce que c’est une question majeure qu’on a dans notre vie.  Comment tu apprends à mourir seul.  Je ne suis pas né seul.  Je suis né avec ma soeur.  Mais la grande question, c’est  comment tu vas apprendre à apprivoiser ta solitude. On a tous à mourir seul.  Il y a beaucoup de choses qu’on a de la difficulté à accepter. On est tous des solitudes,  mais des solitudes qui peuvent se partager.  Et partager ses solitudes, c’est pour moi le plus beau mariage.  C’est le  plus beau deal.  Oui, ça se trouve  beaucoup beaucoup dans mes chansons.

 

WYNNE: Même au niveau musical, la solitude est très présente dans vos chansons.   Par exemple, dans l’Ange vagabond, il y a une longue mélodie de l’harmonica toute seul au debut.

 

RICHARD: Oui. C’est vrai ce que tu disais parce que l’harmonica, c’est l’instrument de la solitude, parce que c’est un instrument que tu peux traîner avec toi.  C’est un instrument que tu peux mettre dans la main, et puis c’est un instrument aussi du voyageur parce que tu peux déplacer avec ton harmonica.  À chaque fois que j’allais jouer en prison, je perdais toutes mes harmonicas parce que tout le monde voulait avoir  ces harmonicas.  C’est vraiment un instrument, un, comme tu dis, de la solitude, celui du voyage et celui aussi qui peut être à la fois l’instrument de la mélancolie, ou du blues.   Pour nous aussi,  c’est la complainte.  On est un mix entre la complainte qui nous arrive de l’Europe et puis le blues qui nous arrive de l’Amérique.

 

WYNNE: Vous avez aussi écrit une chanson qui est  inspirée d’une histoire actuelle,  Lettre à Zlata.  Cette chanson raconte l’histoire de Zlata,  une fille de la guerre en Bosnie mais je  pense que c’est aussi un thème universel. On n’a pas besoin vraiment d’aller en Bosnie ou ailleurs pour être comme vous dites des cibles d’argile pour des snipers.  On en est ici en Amérique.  

 

RICHARD: Tu as raison.

 

WYNNE: Surtout dans des  quartiers défavorisés,  le random violence  est une réalité quotidienne où les gens sont souvent comme vous dites des erreurs des balles perdues. Les journaux contiennent tant d’histoires de ces victimes qu’on peut devenir désensibilisé à l’horreur de cette violence.  C’est vrai qu’ il faut parfois le regard d’un enfant qu’on s’éloigne du néant.

 

RICHARD: Oui, mais souvent c’est une enfance qui est en dedans de nous autres. C’est drôle que tu me dises ça.  C’est vrai que cette chanson-là a été écrite spécifiquement à partir du  livre de la petite Zlata qui avait tenu son journal quotidien en Bosnie et qui nous décrivait la guerre vue à travers les yeux d’un enfant de douze ans.  Mais quand tu dis qu’est-ce qu’on a fait de ton enfance,  c’est parce que l’enfance est volée à beaucoup beaucoup de façons et puis à  beaucoup d’endroits.  Je veux dire ceux qui sont victimes d’abus sexuel.  C’est  du monde qui ont été volé de  leur enfance. Tu leur as enlevé l’innocence de l’enfance, la pureté de l’enfance. Et ça c’est inacceptable. Quand tu m’as demandé qu’est-ce qui me fait écrire, c’est ça.  C’est que l’indignation est au début de l’écriture.

 

WYNNE: Quelles sont vos chansons préférées dans votre oeuvre?

 

RICHARD: J’aime beacoup La raffinerie, parce que  ça venait éclaircir tout ce que j’ai à dire  au niveau des silences: je vais crier pour toi .  Ça mettait clair dans ma tête la raison pourquoi j’avais la guitare, la raison pourquoi j’avais besoin de m’exprimer.  C’est une chanson qui me touche.  J’aime beaucoup L’Ange vagabond parce que je trouve ça traduit beaucoup notre identité qui se cherche toujours: Tu cherchais qui, tu cherchais  quoi . Tout ça nous ressemble beaucoup.  J’aime Sentiers secrets parce que ça me libère quand je la chante.  C’est drôle, les chansons sont  comme des sentiers.   Il y en a qui sont  plus intimes, et puis tu aimes prendre ces sentiers-là.  Il y en a d’autres où tu rencontres plus de monde.  Ça dépend de l’état d’âme où je me trouve [rires].

 

WYNNE: La chanson française et la chanson américaine ont-elles eu une influence sur vous ?

 

RICHARD: Oui.  C’est sûr qu’on est fait de ça.  On est fait des influences.  Le Québec, c’est un carrefour. C’est un bouillonnement.   On est fait de ce qui est fait aux États-Unis. On est fait de la tradition. Au niveaux du texte, on est vraiment de la tradition européene.  L’importance je pense qu’on attache au mot, l’importance qu’on attache à la parole, c’est beaucoup l’héritage qu’on a reçu de la France.   Et puis, au niveau du rythme et la façon de structurer nos musiques, c’est très américain aussi.  Puis, il faut dire aussi qu’ on appartient à la tradition de folksingers.

 

WYNNE: Pendant longtemps au Québec, la chanson a joué un rôle actif dans l’affirmation de la culture et aussi sur le  plan politique, mais son rôle semble avoir changé pendant les années.  Quel rôle joue-t-elle aujourd’hui, la chanson québécoise?

 

RICHARD: C’est que tu retrouves de tout.  Il y a quelque chose de très léger qui va côtoyer quelque chose de très dense et il y a quelque chose de très grave qui va côtoyer quelque chose de frivole. Tu as quelque chose de très passager qui va côtoyer  quelque chose qui est permanent autant.  Moi, j’aimerais qu’on garde cette liberté-là.  La liberté c’est de choisir, hein?  Si à un moment donné, tu resterais toujours avec le même beat, la même musique, tu n’as plus de choix, donc, tu n’as plus de liberté.  C’est pour ça que j’aime que les radios puissent accepter cette différence-là, l’encourager en tout cas, ce qui va faire qu’ on peut écouter d’autres choses.   On peut être ouvert à d’autres choses.

 

WYNNE: Françoise Tétu de Labsade, professeure à l’Université Laval,  a écrit  dans un article que les artistes québécois  ne peuvent pas être indifférents au fait qu’ils ont décidé de chanter en Amérique en français.  Et vous Richard, vous allez chanter l’Amérique pour les Américains aux États-Unis, pas en anglais, mais en français, et devant un public qui ne comprendra pas  nécessairement le français.  Comment voyez-vous votre visite aux États-Unis en octobre prochain?  Qu’est-ce que ça veut dire pour vous?

 

RICHARD: Je trouve ça bien intéressant. Si on regardait un arbre, on est à des endroits différents.  Chacun va dire: Voilà comment j’ai regardé l’arbre.  Mais on peut être placé à des angles différents. La lumière est différente,  la saison est différente.  Placé ici, je vais voir le mur, je vais voir la brique, je vais voir la neige, je vais voir le rayon de soleil qui tombe dessous, je vais voir la saison.  Quelqu’un va s’attacher à voir ça de façon juste très très près en regardant l’écorce et tout ça, et c’est ça la beauté de  notre vision.  Arrive avec ton monde, présente-moi qui tu es, et je vais à la rencontre.  Pour moi, c’est ça, c’est une rencontre.  J’ai hâte [rires]

 

       Richard Séguin sera en spectacle les 10 et l1 octobre 1997 au Krannert Center for the Performing Arts à Urbana-Champaign dans l’État de l’Illinois.